C’est le 18 août dernier que le quatuor montréalais Mille Monarques lancerait son tout premier CD éponyme. Depuis 3 ans, les membres du groupe ont testé leurs créations autant sur scène que sur eux-mêmes. Ce premier CD réunit donc la collection la plus authentique des premières œuvres. On y retrouve huit chansons et une pièce instrumentale qui représentent parfaitement le spectre musical de Mille Monarques. Alliant la rugosité d’un « wall of sound stoner rock » à des melodies cristallines d’influences new wave/post punk, la musique de Mille Monarques bénéficie ici d’arrangements où la finesse côtoie la saleté, où la puissance se frotte à la subtilité.

Ce qui distingue Mille Monarques des autres groupes qui émergent sur la scène montréalaise est sans aucun doute l’usage qu’ils font de la langue française. Au-delà du cliché des paroles poétiques, Mille Monarques nous offrent des textes aux arômes naturalistes, symboliques, mystiques, surréalistes, épiques. Ils explorent les éléments que sont la terre, l’eau, l’air et le feu, usent de métaphores animales et organiques fulgurantes, visitant la noirceur pour mieux chercher la lumière, créant ainsi des « chansons tatouages » qui s’incrustent dans la chair.

La couleur musicale de Mille Monarques, tout en ayant trouvé sa propre nuance au fil des ans, s’inscrit dans la mouvance du son développé au cours des dernières années par plusieurs artistes et groupes montréalais qui rayonnent sur la scène internationale. Et, à l’image de l’énergie du groupe, chaque chanson de Mille Monarques est une bombe à retardement. L’indépendance du groupe lui a permis de réaliser ce premier CD sans faire de compromis, si bien que ce premier opus n’échappera pas à ce principe qui dit que tout doit finir par exploser!

Si Mathieu Denoncourt prête sa voix à la plupart des pièces, il laisse aussi la place à Annie Rousseau, la claviériste du groupe, qui nous offre Rouge, une chanson d’amour dont la froideur du texte n’a d’égal que la chaleur de l’amor! Le CD s’ouvre en apesanteur avec une réflexion respiratoire, Miroir. Au cours de l’envolée, on croise un titre à l’appellation mystérieuse (C17H21NO14), qui fait référence à une formule chimique désignant une substance illicite… On retrouve également des versions nouvelles et améliorées de deux morceaux déjà parus sur leur premier EP, l’Immense l’Arme et L’engin de mort. Les fans qui ont vu Mille Monarques sur scène retrouveront avec bonheur des chansons comme Cœur-Volant et Mélodie sous terre. Avec Une attak de Chat, Une attak de Chat, Une attak de Chat, le groupe clôture l’album dans une odyssée instrumentale qui a des allures de rock progressif du 21ème siècle. D’ailleurs, sur ce morceau, on peut noter la collaboration d’Antonin Marquis, le batteur du groupe We Are Wolves.

Les membres de Mille Monarques (Mathieu Denoncourt – voix et basse, Simon Quévillon – guitare, Annie Rousseau, claviers et voix, Mathieu Vézio – batterie, qui joue également avec les groupes Feathership et L’Indice) sont tous actifs à plusieurs niveaux sur la scène musicale et culturelle montréalaise.

Le groupe a offert des premières parties à Malajube et Karkwa. Il a participé à plusieurs manifestations musicales : Francouvertes 2008 (se méritant la bourse du Festival de musique émergente de Rouyn-Noranda), Francofolies de Montréal 2008, Pop Montréal 2008, Mini-M pour Montréal 2008, North by North East 2009 à Toronto… En plus de jouer régulièrement sur la scène des clubs montréalais, Mille Monarques a fait une tournée de spectacles au Québec (Alma, Tadoussac, Rouyn-Noranda, Québec…). Une série de nouvelles dates suivra le lancement de ce premier CD lancé en août 2009.

 

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